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L'Institut de recherche militaire franco-allemand fête ses 50 ans

L'institut de recherche militaire franco-allemand de Saint-Louis (ISL), organisme classé confidentiel défense, fête cette année ses cinquante ans d'existence avec une panoplie de réalisations, y compris un "canon électrique". 

Canons électriquesL'ISL dispose d'une quinzaine de laboratoires dans lesquels travaillent 360 chercheurs, ingénieurs et ouvriers hautement qualifiés, dont un tiers d'Allemands, qui planchent sur des domaines de hautes technologies militaires tels que la pyrotechnique, la détonique et la balistique. "Nous étudions par exemple le guidage et le pilotage des munitions sur leurs cibles, l'utilisation des lasers, le brouillage des missiles, la vision en environnement dégradé, l'acoustique" et de nombreux autres domaines, explique son co-directeur français, Alain Picq.

Créé en 1959 et financé par les ministères français et allemand de la Défense, cet institut veut être "un symbole d'une politique européenne d'intégration" en matière de défense, souligne-t-il.

Le "canon électrique", qui existe déjà à l'état expérimental, permet de tirer un projectile à plus de 2.000 mètres à la seconde, soit à une vitesse nettement supérieure à celle des canons classiques. "Nous avons une expérience unique en Europe sur les canons électriques. On envisage de lancer une coopération avec les Américains dans ce domaine-là", ajoute M. Picq. Un canon classique à poudre envoie des projectiles à partir de la combustion d'une poudre propulsive. Un engin électrique poursuit le même but mais avec de l'électricité.

Lors d'une visite guidée des laboratoires de l'institut, un journaliste et un photographe de l'AFP ont pu voir plusieurs prototypes de canons électriques qui nécessitent néanmoins un grand nombre de gros condensateurs pour fonctionner et fournir l'ampérage très élevé requis.

Vu la taille de ces équipements, il n'est pas envisagé à moyen et même long terme d'équiper un char avec un canon électrique. "Mais la chose est envisageable sur des bateaux ou pour la protection des bâtiments terrestres", affirme M. Picq. "On peut envisager des canons électriques pour la mise en orbite de micro-satellites jusqu'à 5 kg". "La faisabilité n'est pas acquise mais cela pourrait être envisagé", affirme-t-il.

L'ISL travaille également dans le domaine civil de la lutte anti-terrorisme, avec la mise au point de matériels de détection des explosifs placés au bord de routes et qui ont coûté la vie à de nombreux militaires en Irak et en Afghanistan. Il met au point des caméras permettent une vision même dans un environnement très dégradé par de la fumée.

Dans le secteur à la fois civil et militaire, l'ISL a mis au point des bouchons d'oreille actifs de même que des casques antibruit.

La protection du soldat et des blindés est un domaine confidentiel sur lequel M. Picq et son alter ego allemand Michael Weiand ne veulent rien dire. Il en va de même des systèmes de déclenchement à distance ou ceux de communication cryptée.

Autres secteurs de recherche, les nanotechnologies portant sur l'infiniment petit, de même que l'intelligence artificielle.

Depuis 2005, l'institut s'est ouvert au domaine civil et travaille sur la base de contrats de recherche.

Source : pad/tj/lln

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