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Jean-Philippe Keil

Rencontre avec Jean-Philippe Keil, Associé du Groupe Mazars à Zurich.

Vous êtes membre du Club des Ambassadeurs d'Alsace. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de votre engagement ?

« Ancré par mes origines rhénanes, je suis un passeur de frontières, de territoires, de marchés. Remerciant aujourd’hui ma famille, qui a adhéré à ma carrière internationale, je suis passé de l’Alsace à l’Allemagne, aux Etats-Unis puis à la Suisse, pour en acquérir avec fierté la nationalité en 2014.

En parallèle, j’ai gardé un pied dans ma région d'origine pour y donner des cours à la faculté de droit à Strasbourg (master 2 prévention des fraudes et du blanchiment), puis à l'Université de Haute-Alsace à Mulhouse (Master 2 Management Interculturel). A Zurich, je croise beaucoup de dirigeants et de cadres alsaciens, de même qu'aux Etats-Unis, où nos compatriotes alsaciens sont très présents dans les métiers divers, notamment de bouche. Cette appétence pour l'étranger se marie bien avec les gènes alsaciens. La proximité des frontières donne déjà cette envie de voyager.

D’ailleurs, je ne manque jamais l'occasion de glisser quelques conseils aux jeunes étudiants sur l'importance des langues. En Suisse, il y a 3,7 % de chômage ou 5 % en Allemagne. Il est essentiel de bien s'exprimer en allemand ou même de maitirser le dialecte qui est parlé par 60% des employés du privé et du public en Suisse. »

Pouvez-vous nous décrire votre activité ?

« Je suis associé et administrateur au sein de Mazars SA à Zurich en Suisse et y exerce les métiers de l’audit, du conseil et de l’expertise comptable. Notre firme compte 40 400 collaborateurs dans le monde et 300 collaborateurs en Suisse répartis dans nos huit bureaux de Genève, Lausanne, Sion, Fribourg, Neuchâtel, Delémont, Berne et Zurich.

Parallèlement, dans le respect de valeurs d’ouverture et de service, je suis aussi administrateur de la Chambre de Commerce France Suisse au sein de laquelle je m’investis. Je viens aussi d’être réélu le 30 mai dernier, Conseiller des Français de l’Etranger de la première circonscription de Suisse à Zurich. »

Quel a été votre parcours ?

« J’ai suivi le cursus des études de commerce au sein de l’IECS, actuellement Ecole de Management de Strasbourg. Très actif associativement durant mes études, membre de l’AIESEC, du bureau des élèves et chargé du développement et du marketing de la Junior Entreprise, j’opte néanmoins pour la rigueur des chiffres et du droit, en me spécialisant en finances et comptabilité.

Propulsé à Francfort pour y faire le service national en entreprise (VSNE), je suis devenu expert-comptable au sein  de Mazars GmbH en Allemagne,  en  étant attiré par son agilité, version « start-up ». Animé par la frénésie de la réunification allemande, j’ai participé à la privatisation des sociétés est-allemandes et à l’expansion des groupes français, pendant sept ans, en parcourant jusqu’à 50 000 kms par an !

Mû par l’envie de découvrir le continent nord-américain et de progresser, je deviens responsable du département d’audit de Mazars LLP à Washington DC pendant 4 ans, pour être appelé en 2002 à rallier les terres Suisses, en tant que responsable de la succursale zurichoise. »

Comment s'exprime votre engagement en faveur de l'Alsace ?

« Les exemples concrets me caractérise souvent dans les discussions.

J’ai créé l’association des Alsaciens de Zurich en 2014 d’abord sous la forme d’un groupe d’alsaciens et d’amis de l’Alsace avant de devenir une association en 2018 sous le patronage de Gérard Staedel, Président de l’Union Internationale des Alsaciens (UIA).

L’idée consistait à réunir 2 à 4 fois par an les Alsaciens, Mosellans, Lorrains, Vosgiens et amis de l’Alsace autour d’une table alsacienne de Zurich et passer ensemble un moment de qualité et de convivialité.

Cette vision a permis de réunir depuis 2014, entre 20 et 50 participants actifs sur les 199 inscrits autour de manifestations prenant la forme de dégustations, conférence ou d’exposés :

  • Invitation du Consulat Général de Zurich autour d’une choucroute en 2017
  • Dégustation des vins bios et bio-dynamiques d’Anne Marie Haaser de Siduré en 2018
  • Présentation de la Bugatti 35 de 1927 de Jürg König en 2019
  • L’accueil des corporations des métiers de Strasbourg en février 2019 et un mois plus tard, l’exposé brillant de Joseph Daul, le Président alsacien du PPE au Parlement Européen à Bruxelles
  • L’organisation, en collaboration avec l’Union des francais de Zurich et la CCI France Suisse, du dîner de bienvenue du nouveau Consul général de France à Zurich, Alain Sterbik, en octobre 2019
  • Visite remarquée d’Arsène Wenger, ancien entraîneur d’Arsenal de Londres et directeur des relations internationales de la Fifa en juin 2020
  • La dégustation des vins des Domaines Schlumberger en octobre 2020. »

Êtes-vous Alsacien(ne) d'origine ou de cœur ?

« Né à Strasbourg dans une famille protestante et résidant dans ma jeunesse dans le quartier du Tivoli, je suis alsacien d’origine. J’ai fait toutes mes études au collège et lycée Kléber. Mon père travaillait à Wasselonne et parlait alsacien avec ma mère qui n’a jamais manqué de nous rappeller avoir recu le Président Auriol en costume de petite alsacienne lors de la victoire du Racing Club à la Coupe de France en 1951 ! »

Qu’est-ce qui vous plaît le plus en Alsace ?

« La forte préservation d’un héritage culturel et linguistique à la fois français et germanique sont des particularités encore bien existantes, ainsi que le droit local d’Alsace Moselle.

Le sérieux, la ponctualité, la modestie, la qualité et l’industrie des alsaciens et alsaciennes au travail sont aussi souvent cités par mes interlocuteurs.

Enfin, la diversité des paysages entre la plaine d’Alsace, le Rhin, les vignobles, les Vosges et les châteaux forts sont une magnifique source de ressourcement. »

S'il n'était possible d'utiliser qu'un seul argument, lequel choisiriez-vous pour inciter un de vos contacts à venir en Alsace (pour visiter, étudier, travailler ou vivre) ?

« L’Alsace est une terre d’ouverture et de passerelles entre la France, l’Allemagne, la Suisse et le Luxembourg que j’associe à nos proches voisins. Strasbourg est le siège du Parlement Européen, du Conseil de l’Europe ainsi que de nombreuses institutions internationales. Pour les jeunes, les moins jeunes et les étudiants, c’est le passeport pour une belle carrière. »

Quels sont vos « outils » pour vendre l'Alsace ?

« J’ai le plaisir et la fierté de constater que l’Alsace se vend toute seule. Lorsqu’on me demande quelles sont les origines, je dis que je suis français et précise que ma région d’origine est l’Alsace. Les gens ont toujours un mot d’admiration pour les vins, la gastromonie, les musées, Strasbourg, Colmar, ‘’und die Vogesen’’. A Panama City, à New York ou à Buenos-Aires, les yeux s’allument et rapportent leur expérience au ‘’Crocodile’’, à ‘’l’Auberge de l’Ile’’ ou dans une winstub. En Allemagne, quelques-uns me font encore la remarque : "mais vous les alsaciens, vous êtes presque des allemands", et il s’en suit une petite explication de texte... mais ils sont de moins en moins nombreux.

A Zurich ou en Suisse alémanique, les dirigeants Suisse, m’informent qu’ils sont très contents de la marche des affaires de leur filiale alsacienne. »

Si l'Alsace était...

  • Un moment ? « Le moment de Noël pour lequel j’ai toujours traversé les continents. »
  • Une histoire ? « Celle que je raconte parfois pour donner le ton ; ma grand-mère Charlotte qui née en 1910 a changé 4 fois de nationalité en habitant la même ville. »
  • Un cadeau ? « Un bloc de foie gras d’oie de Strasbourg accompagné d’un Gewurtztraminner vendanges tardives. »
  • Une personne ? « De nombreuses personnalités alsaciennes ont déjà marqué ou marquent le monde dans les domaines les plus divers comme le Prix Nobel Schweitzer, les artistes Ungerer, Bartoldi, le Mime Marceau ou le pâtissier Pierre Hermé. »

Un mot pour la fin ?

« Salu besame un bis bald. »

Crédit photo : © CCIFS Trophées

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